HISTORIQUE DU PORT DE CONAKRY

Dès le 15ème siècle les explorateurs Portugais commencèrent à fréquenter les côtes Guinéennes dans la zone proche du Cap Verga.

En 1849, le Port de Boké sera construit par l’Administration coloniale et déjà le long de la côte Guinéenne, Victoria, l’estuaire du Rio Pongo, Dubréka, Conakry et  Méllacorée étaient autant de Ports florissants et fréquentés en puissance, autant de points de pénétration pour l’intérieur des terres qui ont favorisé les premiers contacts entre la France et la Guinée. La fameuse randonnée de l’explorateur Français René Caillé en 1827 en est une parfaite illustration.

La prépondérance du choix du port de Conakry par rapport aux autres ports s’affirmera pour deux raisons essentielles :

  • la situation géographique exceptionnelle de l’Ile de Tombo protégée des vents de l’Ouest dominants grâce à la présence des Iles de Loos était propice à la réalisation d’un Port en eau profonde ;
  • Le coût de réalisation sur la façade Sud-ouest était élevé par rapport à celui de la façade Nord-ouest (actuel emplacement du Port).

En signant l’acte de naissance du port de commerce de Conakry en 1895, le lieutenant français Noël Ballay, Gouverneur de la colonie de Guinée Française de l’île forestière de Tombo devenue Capitale par la suite, avait mesuré la portée du commerce transatlantique pour la France.

A partir de cette période, les transports maritimes en tant qu’instrument utilisés par la colonisation se sont développés et ont joué un rôle de premier plan pour l’évacuation des ressources naturelles de la Guinée vers la ‘métropole’ Française.

Une jetée d’une centaine de mètres de long et d’environ 5m de large, constituée de blocs de granit et de latérite fut construite.

Le point de départ de cette 1ère jetée se situait sur le terre-plein à l’actuelle entrée principale du port à proximité de l’emplacement occupée de nos jours par l’Etat Major de la Marine Nationale.

 

En 1929 fut lancée par l’Administration coloniale, le premier programme de grands travaux du Port de Conakry.

Ce programme couvrira la décennie 1929-1939 et concernera les actions suivantes :

  • l’achat d’une drague à godet de 400l pour l’entretien des profondeurs(le secteur Nord-Ouest choisi était plus envasé que le secteur sud-ouest).
  • la construction d’un quai de 300 m en eau profonde face au mouillage Nord pour permettre l’accueil simultané de deux navires de 100m et 110 m.
  • les débuts de construction de la digue baptisée ‘Digue de la Prudente’ dont les travaux seront interrompus pendant la seconde guerre mondiale.
  • la construction d’un appontement spécialisé qui prit le nom de ‘quai bananier’

En 1938, le port de Conakry disposait de 3 postes à quai et son trafic était de 180.000 tonnes de marchandises par an.

A cette époque déjà, Conakry était avec Dakar le seul Port d’AOF à posséder des quais en eau profonde.

De 1939 à 1945 dans le cadre des deux premiers plans quadriennaux, le Port de Conakry a connu les aménagements suivants :

  • la construction de quatre postes à quai fondés entre 8m et 11 m et deux postes à quai fondés à 4m doublant ainsi les dimensions du port.
  • la construction d’une 2ème digue et l’acquisition d’une 2ème drague à godets de 775 litres.
  • la construction de magasins cales, d’un hangar à bananes, l’aménagement de routes, de voies ferrées, de terre-pleins, l’éclairage du port, l’alimentation en eau des quais, la construction d’un poste à quai dans l’île de Kassa pour l’évacuation de la bauxite.

En 1955, le Port  de Conakry disposait alors de huit (8) postes à quai pour recevoir les navires long courrier (y compris le quai de Kassa) et avait enregistré un trafic annuel de 1,5 millions de tonnes.

De l’indépendance en 1958 jusqu’en 1981, le Port n’a connu aucun autre aménagement.

L’état de dégradation poussée des installations entraînant un faible niveau des opérations portuaires et une baisse drastique de la fréquentation du port par les armements, a amené les pouvoirs publics d’alors à solliciter en 1981 l’assistance technique de la Banque mondiale et du Gouvernement Allemand pour préparer des études de faisabilité et d’ingénierie et un plan directeur pour le développement du Port.

A travers un financement de l’IDA (Banque mondiale), de la GTZ et de la KFW (Allemagne) le bureau d’ingénieurs Conseils (Lackner et Partner) a été choisi.

Suite aux études faites par ledit bureau d’Ingénieurs Conseils, une réorganisation des activités portuaires autour d’un acteur unique a été proposée. Le Port Autonome de Conakry a été ainsi créée suivant le Décret N°050/PRG/82 du 22 Juin 1982 après démantèlement de quatre entreprises ou Administrations d’Etat qui se partageaient le secteur portuaire. Il s’agit de :

  • L’Office Maritime : Pour les travaux techniques d’aménagement et de construction
  • L’ENTRAT (Entreprise de Transport Routier, d’Acconage et de Transit)
  • La S.N.G (Société Navale Guinéenne) : Pour le cabotage et les armements
  • L’Administration Générale du Port : Pour la coordination de l’administration.